{"id":76,"date":"2025-05-15T17:10:11","date_gmt":"2025-05-15T15:10:11","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetsdusud2025.blogs.esj-lille.fr\/?p=76"},"modified":"2025-05-19T12:33:01","modified_gmt":"2025-05-19T10:33:01","slug":"le-calvaire-des-deplaces-de-port-au-prince","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/carnetsdusud2025.esj-lille.net\/?p=76","title":{"rendered":"Le calvaire des d\u00e9plac\u00e9s de Port-au-Prince"},"content":{"rendered":"\n<p>Par <strong>Allwitch Joly<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Port-au-Prince, c\u0153ur battant d\u2019Ha\u00efti, est devenue en 2025 un th\u00e9\u00e2tre de guerre o\u00f9 la violence des gangs fait rage. Selon le rapport de l\u2019Organisation internationale pour les migrations (OIM) de janvier 2025, environ 700 000 personnes sont d\u00e9sormais d\u00e9plac\u00e9es internes dans cette seule zone m\u00e9tropolitaine, repr\u00e9sentant pr\u00e8s des deux tiers du total national (1,041 million). Cette explosion \u2013 une hausse de 87 % en un an \u2013 traduit une crise humanitaire sans pr\u00e9c\u00e9dent. Des quartiers entiers comme Delmas 2, Carrefour-Feuilles ou encore Solino sont d\u00e9sert\u00e9s sous la menace des balles et des incendies criminels orchestr\u00e9s par les gangs.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"Fuir pour survivre : le calvaire des d\u00e9plac\u00e9s internes \u00e0 Port-au-Prince\" width=\"500\" height=\"281\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/eHBl7Sww2K0?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p>Au camp de l\u2019Office de la Protection du Citoyen (OPC), o\u00f9 nous avons recueilli les t\u00e9moignages de d\u00e9plac\u00e9s, la d\u00e9tresse est palpable. Une habitante raconte : <em>\u00ab La raison pour laquelle nous nous sommes tous retrouv\u00e9s \u00e0 l\u2019OPC, c\u2019est que les bandits nous ont chass\u00e9s. Avant cela, nous vivions \u00e0 Solino. Nous avons tout tent\u00e9 pour \u00e9viter d\u2019en arriver l\u00e0, pour ne pas \u00eatre contraints \u00e0 ce mode de vie. Mais aujourd\u2019hui, les bandits nous ont expuls\u00e9s et ont incendi\u00e9 nos maisons. Nous avons \u00e9t\u00e9 forc\u00e9s de fuir. \u00bb<\/em> <\/p>\n\n\n\n<p>Ce r\u00e9cit illustre une r\u00e9alit\u00e9 brutale : \u00e0 Port-au-Prince, 83 % des familles d\u00e9plac\u00e9es cherchent refuge chez des proches ou dans des communaut\u00e9s d\u00e9j\u00e0 exsangues, tandis que d\u2019autres, comme ceux de l\u2019OPC, s\u2019entassent dans 67 sites improvis\u00e9s \u2013 contre 42 un an plus t\u00f4t, selon l\u2019OIM. \u00c9coles abandonn\u00e9es, \u00e9glises ou places publiques se transforment en abris de fortune, d\u00e9pourvus d\u2019eau potable, de nourriture suffisante et d\u2019hygi\u00e8ne de base.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Conditions \u00ab\u00a0extr\u00e8mement pr\u00e9caires\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les conditions de vie dans ces camps sont inhumaines. Une autre d\u00e9plac\u00e9e de l\u2019OPC confie : <em>\u00ab Les conditions de vie dans le camp sont extr\u00eamement pr\u00e9caires. Nous manquons de nourriture, nous n\u2019avons pas d\u2019eau potable, ni m\u00eame de quoi nous laver. Les enfants ne peuvent pas aller \u00e0 l\u2019\u00e9cole. Quand il pleut, nous devons ass\u00e9cher l\u2019espace avant de pouvoir dormir. Nous ne sommes pas du tout \u00e0 l\u2019aise ici.<\/em>\u00a0<em>\u00bb<\/em> Ces t\u00e9moignages font \u00e9cho \u00e0 l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 qui persiste m\u00eame dans ces refuges\u00a0: en mars 2025, une attaque contre le site du lyc\u00e9e des jeunes filles a fait un mort et trois bless\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Les enfants, qui repr\u00e9sentent plus de 50 % des d\u00e9plac\u00e9s \u00e0 Port-au-Prince (soit environ 350 000), paient un lourd tribut. Avec plus de 500 \u00e9coles ferm\u00e9es dans la commune en raison des violences, selon l\u2019UNICEF, leur \u00e9ducation s\u2019effondre. Pire encore, le recrutement par les gangs a bondi de 70 % en un an, certains enfants n\u2019ayant que 12 ans. Les femmes, quant \u00e0 elles, affrontent une vague de violences sexuelles : les viols dans les sites ont explos\u00e9 de 1 000 % en 2024, d\u2019apr\u00e8s l\u2019ONU.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Aide insuffisante<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Face \u00e0 cette crise, l\u2019aide humanitaire reste cruellement insuffisante. Sur les 674 millions de dollars requis par le plan de r\u00e9ponse onusien, seuls 42% sont financ\u00e9s, abandonnant les d\u00e9plac\u00e9s \u00e0 leur sort. Au camp de l\u2019OPC, une voix s\u2019\u00e9l\u00e8ve pour implorer un sursaut : <em>\u00ab Notre priorit\u00e9 est de pouvoir retourner chez nous, \u00e0 Solino. C\u2019est ce que nous demandons aux autorit\u00e9s ha\u00eftiennes. Nous lan\u00e7ons \u00e9galement un appel \u00e0 la communaut\u00e9 internationale, notamment \u00e0 l\u2019administration Trump, afin qu\u2019elle revienne sur sa d\u00e9cision et permette aux ONG d\u2019intervenir pour venir en aide aux personnes d\u00e9plac\u00e9es. \u00bb<\/em> Cette supplique souligne l\u2019urgence d\u2019une mobilisation globale, alors que les habitants de Port-au-Prince, chass\u00e9s de chez eux, r\u00eavent simplement de retrouver une vie digne.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par Allwitch Joly Port-au-Prince, c\u0153ur battant d\u2019Ha\u00efti, est devenue en 2025 un th\u00e9\u00e2tre de guerre o\u00f9 la violence des gangs fait rage. Selon le rapport de l\u2019Organisation internationale pour les migrations (OIM) de janvier 2025, environ 700 000 personnes sont d\u00e9sormais d\u00e9plac\u00e9es internes dans cette seule zone m\u00e9tropolitaine, repr\u00e9sentant pr\u00e8s des deux tiers du total [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":78,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-76","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-non-classe"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/carnetsdusud2025.esj-lille.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/76","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/carnetsdusud2025.esj-lille.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/carnetsdusud2025.esj-lille.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/carnetsdusud2025.esj-lille.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/carnetsdusud2025.esj-lille.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=76"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/carnetsdusud2025.esj-lille.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/76\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":235,"href":"https:\/\/carnetsdusud2025.esj-lille.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/76\/revisions\/235"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/carnetsdusud2025.esj-lille.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/78"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/carnetsdusud2025.esj-lille.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=76"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/carnetsdusud2025.esj-lille.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=76"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/carnetsdusud2025.esj-lille.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=76"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}